J'ai tout donné. Tout repris. Tout volé. Tout jeté. Avec la dépouille de mes souvenirs et de mes rêves d'enfant. C'est comme ça. Et même qu'aujourdhui j'ai coupé le son. Parce que je le voulais. J'ai même tenter désespérément d'arracher du temps au temps. Mais ça sert a rien.
Chut.
J'écoute respirer les murs de ma chambre. J'amorce ma descente, deeper and deeper. J'avale la poussière et je
nois ma tristesse dans l'obscurité. En fait c'est presque une « tu meurs » invisible qui espère en silence, l'assaut finale.Et moi qui m'agite, impuissante, et qui s'éteint, l'air de rien.
Tant pis.J'ai parfois l'impression de marché dans tes pas. C'est étrange et ça me fait tout drole... Comme si je savais qu'un jour peut-être tu y serais en même temps que moi. Tout aura changé. Encore une fois. Et je basculerai de l'autre côté. En retenant nos larmes sous nos deux paupières. La vie s'écoulera sur nos corps. Fatigués. Traversés de pulsions immobiles. Et de désirs inutiles.
Si je suis ici au fond du lit, c'est pour oublier d'avoir gâché autant de temps.
Mais j'en crèverai d'autres, des nuages électriques, des nuits sans sommeil, des ventres affamés, des écorces fragiles. Même si pour cela il faut que j'y passe toute mes journées. Enfermée. Avec les mots " ÉTAT DÉPRESSIF MAJEUR" écrient sur mon front. Je fermerai ma porte
et je monterai le son.
Tu sais, la prochaine fois que l'on se croise, je veux sentir ton souffle. Et ta main.Sur ma peau.© Autopsy